Actualités

L’ANGLE MORT TOURISTIQUE DE 2030 – LE PIÈGE DE L’IMPRÉPARATION !

En l’état mondial actuel, je préconise et vous soumets ce mémorandum stratégique d’alerte et d’anticipation, cela afin d’éviter le piège de l’impréparation.

L’état des lieux prévisible des crises mondiales (2026-2036) en parallèle de la formidable impulsion Royale, qui dote actuellement le Royaume du Maroc d’infrastructures de rang mondial dans la perspective de l’horizon 2030, constitue un acte de souveraineté et de développement incontestable.

Cependant, la concrétisation de cette vision s’inscrit dans la décennie 2026-2036, une période caractérisée par une fragmentation géopolitique, économique et énergétique d’une brutalité inédite. Croire que les flux mondiaux financiers, logistiques, touristiques, se maintiendront dans leur linéarité actuelle d’ici et au-delà de 2030, constituerait « le piège de l’impréparation ».

Pour protéger les investissements en cours et garantir la pérennité macroéconomique du pays, il est impératif de regarder la réalité mondiale avec une lucidité transversale absolue.

La convergence des crises systémiques fait que l’’économie mondialisée, basée sur les flux tendus et de l’énergie abondante, est en train de se disloquer sous l’effet de chocs simultanés, d’Est en Ouest, du Nord au Sud. Ces crises exogènes menacent directement les modèles de développements exclusivement tournés vers l’extérieur.  L’escalade géopolitique et la rupture des logistiques mondiales, les conflits ouverts tels Russie-Ukraine, les tensions Usa-Iran, les blocages en mer Rouge et pour le détroit d’Ormuz en effet, militarisent les routes commerciales dont le mondialisme dépend.

Les rhétoriques de guerre actuelles et durables, assumées par les grandes puissances annoncent la fin d’un « just-in-time » faisant que les industries mondiales telles celle de l’automobile, de l’aviation, et de l’agriculture marocaine dépendantes des importations énergétiques et d’intrants pour valoriser ses phosphates, risquent des ralentissements, sinon des arrêts de production insurmontables.

Le choc énergétique permanent consécutif aux blocages au Proche-Orient, génèrent une volatilité extrême des coûts de l’énergie. Pour un pays non producteur d’hydrocarbures comme le Maroc, même s’il fut l’un parmi les premiers pays à prendre les mesures de sauvegardes grâce aux énergies renouvelables, cela signifie les risques d’une inflation importée qui frappera de plein fouet l’aérien par le prix du kérosène pour encore de nombreuses années, rendant la destination Maroc potentiellement difficile aussi bien pour le tourisme de masse, pour ces villes qui garantissent pour l’instant les 70% des nuitées, que pour la dépendance industrielle des importations.

L’asphyxie financière européenne et les tendances à la dédollarisation font que l’Europe, marché émetteur historique pour le Maroc en tourisme et en IDE, est financièrement exsangue, incapable de financer l’innovation, écrasée par la dette et l’inflation. Parallèlement, l’offensive des BRICS vers la dédollarisation et l’usage des blockchains reconfigure les rapports de force monétaires. Le crédit international s’assèche. Les « fonds verts et les financements liés à la gestion migratoire » risquent de disparaître.

Le risque numérique et l’incident irréparable avec une hyper-dépendance technologique expose les infrastructures aux risques d’un incident ultime telle celle de cyberattaques paralysant les réseaux de transport, les chaînes logistiques ou le système bancaire SWIFT, capables de figer les échanges internationaux en quelques heures.

Ce serait faire l’autruche de ne pas prendre en compte le fait que le tourisme de masse mondialisé, l’artisanat d’exportation et les méga-infrastructures sont les secteurs les plus élastiques et les plus fragiles face à cette conjoncture. « La dépendance exclusive au Plan A » résultant d’une croissance linéaire par l’international est un risque systémique car faisant déjà parti du passé.

Une nouvelle fois, je vais encore oser rappeler le besoin impératif d’un « Plan B », plan d’accompagnement, capable d’amortir ces chocs.

Je propose ainsi ce « Plan B endogène basé sur l’ingénierie territoriale et la transversalité » !

En effet, face à ces menaces, la solution n’est pas le repli, mais bien la « sécurisation souveraine ». Ce bouclier macro-économique n’a en aucun cas à se construire en opposition aux grands chantiers urbains, mais bien au contraire en parfaite transversalité avec eux. Il s’agit de garantir qu’à l’horizon 2030, et surtout au lendemain de cet événement, le tissu économique national disposera d’une résilience urbaine mixée à celle du rural et de l’oasien, en une transversalité équilibrée culturelle et vernaculaire, territoriale !

Voici de mon avis l’architecture opérationnelle des actions à entreprendre d’urgence.

Je propose ainsi de briser les silos régionaux par l’ingénierie de la transversalité !

Le développement durable ne peut plus être cloisonné, sectorisé. La survie économique des régions face aux crises d’approvisionnement dépend de sa capacité à créer des symbioses internes et en cela nécessite l’arbitrage urbain/rural. Les investissements massifs sur la façade atlantique doivent ruisseler vers les territoires profonds inter régionaux du nord au sud et bien entendu, je proposerai également pour l’Anti Atlas et les zones oasiennes que je défends depuis des décennies avec l’Association Marocaine de Développement du Géoparc Jbel Bani qui gère le Territoire Soutenable du Géoparc Jbel Bani, tout d’abord pour fixer ces populations, cela en créant une économie de complémentarité qui freinera l’exode rural, ce dernier, s’il était instantané coûterait des sommes insurmontables ! Cela permettra au tourisme de demain de consommer une agriculture locale régénérée via des amendements naturels comme pour exemple le biochar, et s’abriterait dans des infrastructures issues de l’industrie des éco-matériaux locaux, les systèmes bioclimatiques en adaptations vernaculaires sociétales. Cette transversalité diminuerait drastiquement la vulnérabilité de chaque secteur en leurs synergies industrielles, agricoles et géo agro éco touristiques, aux chocs extérieurs.

Pour cela il s’agit de réunir les moyens et volontés afin de déployer une nouvelle stratégie de mise à niveaux des territoires adaptée aux diverses régions du Maroc, ce qui exige une intelligence de terrain. On ne plaque pas un modèle standardisé sur des écosystèmes aux identités inter régionales si distinctes.

Je préconise l’École des Itinéraires de la Sagesse Marocaine (EISAM), véritable instrument de médiation territoriale, comme colonne vertébrale académique du projet de régénération. Elle doit former une élite intellectuelle et technique capable de penser le développement et l’arbitrage urbain/rural depuis les réalités marocaines, sans dépendance conceptuelle occidentale.

Je préconise,

*- des Observatoires et laboratoires régionaux. En effet le déploiement d’Observatoires Régionaux du Patrimoine Immatériel (ORPI) permettrait de cartographier selon des états des lieux permettant de sauvegarder et moderniser les savoir-faire de chaque région et de chaque province. Ces structures garantiraient que chaque projet puisse respecter la « vernacularisation, l’ADN et la capacité de charge de chaque territoire ».

*-mais aussi la médiation et la formation institutionnelle afin d’assurer le facteur humain capable d’assurer la transition vers ces modèles transversaux, nécessitant impérativement un changement de logiciel dans la gouvernance locale.

La formation des élus et des fonctionnaires par des cycles d’accompagnement ciblés qui auront à être déployés pour les représentants régionaux et provinciaux, afin de leur fournir les grilles de lecture pour privilégier des investissements à forts impacts sociétaux locaux face aux projets standardisés (Top Down), trop souvent inadaptés car incompris.

La création d’un « Corps des médiateurs territoriaux » formés par l’EISAM ! Ces professionnels ayant à devenir les chaînons manquants entre les directives nationales, les élus et les populations. Ils auraient pour mission d’expliquer, de concerter et d’adapter les projets pour qu’ils épousent parfaitement les réalités industrielles, agricoles et touristiques de chaque région et province libérant ainsi innovation et création.

CETTE ARCHITECTURE DE RESILIENCE EST DEJA MODELISEE. Le Territoire Soutenable du Géoparc Jbel Bani (TSGJB), piloté par son pôle de compétitivité (AMDGJB), constitue le laboratoire et la preuve de concept de ce Plan B.

  • Il démontre par les études de terrain qu’un écotourisme endogène, tourné vers le tourisme national et une clientèle de niche internationale avec géo agro éco tourisme scientifique/culturel, est le seul matelas secourable pour peu qu’il soit adapté et entrepris pour la population marocaine, en cela tout un programme.
  • En valorisant l’architecture de terre, matériaux locaux, l’artisanat local et les emplois pour les jeunes ruraux, le TSGJB en cela répond aux trois piliers de la durabilité que sont inclusion sociétale, viabilité économique et préservation environnementale.

Je vous propose donc de dépasser le stade de l’incantation par la preuve de la rentabilité !

Pour le tourisme en considérant la solution par un nouveau paradigme adapté au tourisme interne avec l’Hôtellerie de Plein Air (HPA) Premium. En effet le tourisme rural ne doit plus être perçu comme un pis-aller rustique, mais bien comme un produit de grande consommation. Il s’agit d’adapter le succès colossal des campings 4 et 5 étoiles aux familles marocaines, en créant des « Resorts ruraux All-Inclusifs » alliant le glamour et le camping, tels le glamping, les écolodges couplés à des centres d’animations intenses, tels les parcs d’attractions nature, sportifs, numériques, les golfs paysagers, pour capter la demande interne. L‘ensemble du monde rural est apte à offrir ses géomorphosites ses paysages, pour de réels échanges avec les populations. Cela garantit un taux d’occupation lissé sur l’année hors des pics internationaux et crée massivement des emplois d’animation et de services pour les jeunes ruraux. Nos enquêtes internationales sur tous les continents démontrent des taux de retour et de rentabilité très supérieurs à ceux des Resorts urbains actuellement proposés, pouvant même les multipler par deux !

Pour l’industrialisation rurale par l’innovation agro-écologique en rompant avec l’agriculture extensive de survie pour basculer vers une agro-industrie de précision, telle la permaculture, le maraîchage vivrier et surtout à l’exploitation des Plantes Aromatiques, Médicinales (PAM) et mellifères pour contrer les ruptures des éco systèmes et en réimplantant l’Apiculture, l’objectif étant aussi bien d’implanter des micro-usines rurales d’extraction d’huiles essentielles et de création de cosmétiques verts que de redonner la fierté aux populations de leurs territoires. Ces secteurs captent d’immenses budgets sur les marchés mondiaux de la beauté naturelle. Ces technicités, aujourd’hui financièrement et technologiquement accessibles pour le rural marocain, transformeront à coup sûr nos agriculteurs en transformateurs-exportateurs, pour peu que la volonté politique accompagne cette mutation par des projets appropriés, partagés.

Par cette reconversion il s’agit de savoir aussi bien proposer aux investisseurs les aides à l’innovation, à la création d’emplois durables que de savoir imposer les impératifs de réussite, des formations et des mises à niveaux, une question de volonté engagée !

Nous le savons tous et il est temps d’admettre qu’il y a besoin de réagir, « qu’il y aura un après-2030 ».

« Prendre ces précautions d’usage en temps utile n’est pas être alarmiste, c’est être lucide et bâtisseur. Seul le développement d’une économie territoriale vernaculaire, interconnectée et durable pourra amortir les chocs des crises mondiales à venir et assurer, en parfaite synergie avec la vision Royale, la pérennité et la sécurité économique du Maroc pour la décennie 2026-2036, la coupe du monde n’est et ne doit n’être qu’un sous ensemble d’une Souveraineté Royale affirmée ».

Patrick SIMON                                                   Tata le 18 Septembre 2026

Président de l’AMDGJB qui gère le TSGJB