FR _ UK Journée internationale de la Géodiversité : DEVELOPPEMENTS, TOURISME ET GEODIVERSITE ? — International Geodiversity Day : DEVELOPMENTS, TOURISM AND GEODIVERSITY?
Le péché originel de l’axe Tanger -El Jadida
L’Histoire nous donne raison
Objet : L’inversion du paradigme macroéconomique marocain, de l’obsolescence du modèle urbain à la souveraineté territoriale par le rural.
L’Histoire et le temporel semblent me donner raison.
Pendant des décennies, le dogme de la planification économique marocaine s’est concentré sur une ligne de fracture, « l’axe Tanger-El Jadida ».
Ce périmètre urbain et côtier devait, selon la doxa de l’époque, concentrer la modernité, reléguant le Maroc profond à un simple réservoir passif.
*- C’est cette illusion que j’avais en ma qualité de Vice-Président de la Chambre Française du Commerce et d’Industrie au Maroc, publiquement dénoncée lors d’une intervention historique à la CFCIM à Casablanca sous la Présidence de Patrick COLLIER. Face à Ssi Fathallah Oualalou, alors Ministre des Finances, en présence du Conseiller de Sa Majesté, M. André Azoulay, et du Ministre Omar Azziman, j’avais posé la question de nos véritables richesses.
L’énergie, l’eau, l’agriculture, les ressources halieutiques, aucune de ces forces vitales ne naît du bitume de nos métropoles. Toutes puisent leur source dans notre monde rural.
À l’époque, seule Farida Moha, conseillère du ministre, avait osé briser le consensus pour soutenir cette vision, qualifiant cet enjeu de fondamental pour les décennies à venir.
*-A maintes reprises en mes qualités de Vice-Président de la CNT et de la FNIH de 2003 à ce jour, je n’ai pas cessé de faire valoir ces besoins d’équilibrages entre les tourismes citadins et ruraux et oasiens, balnéaires et nature/culture dans des soucis de préservations des équilibres entre tourisme étranger et tourisme interne et intérieur afin de se parer des risques exogènes rencontrés en ce début du XXIème siècle
Aujourd’hui, les bouleversements géopolitiques mondiaux telles les crises énergétiques, ruptures logistiques en mer Rouge, tensions internationales, confirment cette prescience, « la résilience d’une nation ne se décrète plus dans ses centres financiers, elle s’enracine dans ses territoires ».
La fin du modèle d’Arthur Lewis, l’urgence d’une inversion des flux
L’architecture de notre dérive trouve sa source dans la théorie d’Arthur LEWIS. Ce modèle, qui a dicté les politiques de développement du XXe siècle, postulait que le secteur rural n’avait d’autre vocation que de fournir une main-d’œuvre excédentaire et bon marché pour alimenter l’industrialisation urbaine.
Les conséquences de ce postulat ont été désastreuses, il a justifié l’exode rural massif, organisé l’abandon des cultures vivrières et accéléré la destruction de la géodiversité au profit d’une urbanisation hors de contrôle. Ce modèle servait les marges des industriels, mais il a asséché les territoires.
En 2026, l’ère de la mondialisation heureuse est révolue. L’impératif de survie économique, d’indépendance énergétique indispensable à l’ère de l’IA, aux exigences de l’IA, et de souveraineté alimentaire « exige une inversion totale du postulat de Lewis ».
Le développement ne doit plus vampiriser le rural pour nourrir la ville, les flux de capitaux, d’innovations et d’infrastructures doivent désormais irradier de la ville vers le rural.
C’EST LA GENESE DE L’APPROCHE PORTEE PAR L’ASSOCIATION MAROCAINE DE DEVELOPPEMENT DU GEOPARC JBEL BANI (AMDGJB).
En structurant les cahiers des charges des Territoires et tout particulièrement celui du Territoire Soutenable du Géoparc Jbel Bani (TSGJB) que nous gérons par L’Association Marocaine de Développement du Géoparc Jbel Bani, nous démontrons
*- que le monde rural n’est pas une zone d’assistance, mais un véritable pôle de compétitivité.
*- qu’il présente tous les moyens d’être le creuset
- d’une nouvelle économie circulaire,
- de l’écotourisme, de la finance régénérative et
- de la préservation du capital immatériel.
Le mirage du tourisme quantitatif et l’impératif d’une Haute Autorité du Tourisme (HAT)
Cette révolution territoriale se heurte aujourd’hui à une gestion archaïque de notre économie touristique. La doxa actuelle s’obstine à poursuivre un « tourisme de chiffres », « une course effrénée aux arrivées massives » qui alimente déjà la folie du surtourisme et détruit les écosystèmes en niant la valeur d’un tourisme qualitatif, respectueux des équilibres oasiens et ruraux.
La complaisance envers les chaînes touristiques mondialisées, qui surestiment leurs retombées pour capter les aides publiques, masque une réalité destructrice à court termes.
Sans la mise en place d’une Haute Autorité du Tourisme (HAT), comme organe régulateur indépendant capable de tempérer ces dérives, je continue à croire et craindre que nous condamnons la nation à l’aveuglement.
L’absence d’une HAT permet aux opérateurs de s’affranchir de la transversalité des équilibres d’une nation. Le tourisme n’est pas un secteur isolé opérant en apesanteur :
- il impacte le stress hydrique,
- la gestion des déchets,
- l’inflation foncière rurale et la dignité des populations locales.
Surestimer les résultats d’un tourisme de masse, c’est falsifier la réalité de nos équilibres humains et macroéconomiques.
La HAT se doit d’avoir pour mission de soumettre les acteurs touristiques à des critères de rentabilité globale écologique, sociale et territoriale et non plus seulement financière
LE MAROC DE 2026 NE PEUT PLUS SE PERMETTRE DE BATIR SA CROISSANCE SUR L’EPUISEMENT DE SES TERRITOIRES, « AU RIQUE DE COMDAMNER LA GEODIVERSITE ».
LE TSGJB PROUVE QU’UN AUTRE PARADIGME EST OPERATIONNEL, QU’IL EST TEMPS QUE LES INSTANCES DIRIGEANTES SUBSTITUENT AU MODELE EXTRACTIF D’ARTHUR LEWIS UNE VERITABLE ECONOMIE DE LA REGENERATION,
OU LE MONDE RURAL REDEVIENT LE BANQUIER,
LE GRENIER ET LE BOUCLIER DE LA NATION.
Patrick SIMON Tata Le 05 Octobre 2026
DEVELOPMENTS, TOURISM AND GEODIVERSITY?

The original sin of the Tanger-El Jadida axis
History proves us right
Subject: The inversion of the Moroccan macroeconomic paradigm: from the obsolescence of the urban model to territorial sovereignty through the rural sector.
History and time seem to prove me right.
For decades, the dogma of Moroccan economic planning was concentrated along a fault line: the « Tanger-El Jadida axis ».
According to the orthodoxy of the time, this urban and coastal perimeter was meant to concentrate modernity, relegating deep Morocco to a mere passive reservoir. *- It is this illusion that I, in my capacity as Vice-President of the French Chamber of Commerce and Industry in Morocco (CFCIM), publicly denounced during an historic intervention at the CFCIM in Casablanca, under the Presidency of Patrick Collier. Facing Mr Fathallah Oualalou, then Minister of Finance, and in the presence of Advisor to His Majesty, Mr André Azoulay, and Minister Omar Azziman, I raised the question of our true wealth. Energy, water, agriculture, fisheries resources—none of these vital forces spring from the asphalt of our metropolises. All draw their source from our rural world. At the time, only Farida Moha, advisor to the minister, dared to break the consensus to support this vision, describing this challenge as fundamental for the decades to come.
*- On numerous occasions in my capacity as Vice-President of the CNT and the FNIH from 2003 to the present day, I have continuously highlighted the need to balance urban tourism with rural, oasis, coastal, and nature/culture tourism. This is driven by a concern to preserve the equilibrium between foreign and domestic tourism, in order to guard against the exogenous risks encountered at the beginning of this 21st century.
Today, global geopolitical upheavals—such as energy crises, logistical disruptions in the Red Sea, and international tensions—confirm this prescience: « A nation’s resilience can no longer be decreed in its financial centres; it takes root in its territories. »
The end of the Arthur Lewis model: the urgency of reversing the flows The architecture of our drift stems from the theory of Arthur Lewis. This model, which dictated the development policies of the 20th century, postulated that the rural sector had no other vocation than to provide surplus, cheap labour to fuel urban industrialisation.
The consequences of this premise have been disastrous: it justified massive rural exodus, orchestrated the abandonment of subsistence farming, and accelerated the destruction of Geodiversity in favour of unchecked urbanisation. This model served the profit margins of industrialists, but it bled the territories dry.
In 2026, the era of blissful globalisation is over. The imperative of economic survival, of energy independence essential to the demands of the AI era, and of food sovereignty « requires a total inversion of the Lewis premise. » Development must no longer vampirise the rural to feed the city; the flows of capital, innovation, and infrastructure must now radiate from the city towards the rural areas.
THIS IS THE GENESIS OF THE APPROACH CHAMPIONED BY THE MOROCCAN ASSOCIATION FOR THE DEVELOPMENT OF THE JBEL BANI GEOPARK (AMDGJB).
By structuring the specifications of the Territories, and most notably those of the Sustainable Territory of the Jbel Bani Geopark (TSGJB) which we manage through the AMDGJB, we demonstrate: *- that the rural world is not a zone requiring welfare, but a true hub of competitiveness. *- that it possesses all the means to become the crucible for a new circular economy, ecotourism, regenerative finance, and the preservation of intangible capital.
The mirage of quantitative tourism and the imperative of a High Authority for Tourism (HAT) This territorial revolution currently clashes with an archaic management of our tourism economy. The current dogma persists in pursuing « numbers-driven tourism », a « frantic race for massive arrivals » which is already fuelling the madness of over-tourism and destroying ecosystems by denying the value of qualitative tourism that respects oasis and rural balances.
Complacency towards globalised hotel chains, which overestimate their economic spillover to capture public subsidies, masks a reality that is destructive in the short term. Without the establishment of a High Authority for Tourism (HAT), acting as an independent regulatory body capable of tempering these excesses, I continue to believe and fear that we are condemning the nation to blindness.
The absence of a HAT allows operators to absolve themselves of the transversal balances of a nation. Tourism is not an isolated sector operating in a vacuum, it impacts water stress, waste management, rural property inflation, and the dignity of local populations. To overestimate the results of mass tourism is to falsify the reality of our human and macroeconomic balances. The mission of the HAT must be to subject tourism stakeholders to criteria of overall ecological, social, and territorial profitability—and no longer solely financial profitability.
THE MOROCCO OF 2026 CAN NO LONGER AFFORD TO BUILD ITS GROWTH ON THE EXHAUSTION OF ITS TERRITORIES, « AT THE RISK OF CONDEMNING GEODIVERSITY. » THE TSGJB PROVES THAT ANOTHER PARADIGM IS OPERATIONAL, AND THAT IT IS TIME FOR GOVERNING BODIES TO REPLACE THE EXTRACTIVE MODEL OF ARTHUR LEWIS WITH A TRUE ECONOMY OF REGENERATION, WHERE THE RURAL WORLD ONCE AGAIN BECOMES THE BANKER, THE GRANARY, AND THE SHIELD OF THE NATION.
Patrick SIMON Tata, 5 October 2026




