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Tourisme interne : les Marocains boudent les hôtels

Cet été, les touristes marocains ont choisi des appartements privés plutôt que des hôtels jugés trop coûteux malgré les offres mises en place dans le cadre l’offre «  Welcome Back  ».
Les résultats d’une enquête menée par Avito montrent que « le flux enregistré en juillet atteint un record sur ces deux dernières années, soit 632 000 visites recensées sur le site au sixième mois de l’année », donnant ainsi la confirmation que les Marocains n’ont pas perdu leur habitude en matière de vacances.
On note ainsi un engouement des touristes vers les villes balnéaires qui ont accueilli un nombre très important d’estivants. Cette ruée s’est manifestée par la location des maisons dans des destinations prisées par les visiteurs, dont la région du Nord, Agadir, Marrakech et Essaouira, est-il précisé.
En ce qui concerne les tarifs, l’enquête révèle qu’ils varient entre 400 et 700 DH la nuitée, pour un appartement pied dans l’eau, composé de deux chambres et un salon, tandis que pour les villas, il faut compter 1 200 à 2 000 DH.
De même, « plus de 59 % des personnes interrogées choisissent de passer leurs vacances dans un appartement de location alors que 39 % optent pour les hôtels et 18 % préfèrent loger chez la famille pour minimiser les risques de contamination par le virus.
Parmi les destinations de choix, Marrakech prend la tête du classement avec 13 % des recherches effectuées. Elle devance Casablanca (12 %) et Rabat (8 %). La ville ocre concentre également l’offre de location de vacances avec 30 % de l’ensemble des offres listées sur la plateforme, suivie d’Essaouira (12 %) et Casablanca (9 %).

Réponse à Abouricha: Les Marocains pour leurs vacances ont choisi les appartements plutôt que les hôtels !

Oui Ssi Abouricha, constat amère qui fait que faute de stratégie et de gouvernance nous tombons dans ce piège sans fin qui fait que l’on fait croire que le tourisme se porte bien alors qu’il agonise. Les plages sont pleines, quelques unités hôtelières tirent leur aiguille du jeu avec pour certains un 50%, un 20% pour d’autres, cela en pleine saison d’été, ces pourcentages bien entendu sans tenir compte des unités fermées, cela alors que des milliers d’appartements, des dizaines de milliers pour ne pas dire des centaines cédés dans l’informel sont pleins.
Par contre, sur l’ensemble du territoire les appartements, maisons, résidences, immeubles sont pleins car les porteurs de clefs en bordure de route sont là et la population est attentive à leurs offres qui varieront du 200 à 700 dhs, comme de 2000 à 5.000dhs la nuitée selon les régions et regroupements pour ce que sont balnéaire, urbain, culturel, nature etc., les zones littorales Méditerranée ou Atlantique étant bien entendu plus porteuses pour des vacances d’été. Pour l’urbain, pour les produits de niches, avec plus d’établissements fermés, les résultats à cette mi-Août déterminent des moyennes de baisses de 75 à 85% selon nos sondages par rapport à 2020, ne parlons donc pas de comparaison avec 2019.
Situation catastrophique car cet informel des appartements qui se porte très bien, boosté par des campagnes de communications inadaptées car invitant aux vacances mais ne mettant en rien en garde sur l’informel, (qui de plus, éventuellement titillée par un influenceur tendancieux cherchant à exciter le « buzz » en mettant en ligne des prix sortis de leurs contextes), ne fait que valoriser cette tendance du divorce prononcé, non géré entre populations et industrie du tourisme et de ses professionnels. Les réseaux sociaux, les exigences inconsidérées des RME faisant le reste sur les prix et outils touristiques qui de leur point de vue sont pour la grande majorité non adaptés.
Cette situation ne fait que consolider l’irrationnel de cette situation ou l’informel règne en toute liberté alors que le formel agonise. Ces situations ne font par ailleurs que booster l’insécurité sécuritaire mais aussi l’insécurité sanitaire, sans tenir compte que le formel s’étant plié aux exigences est lui soumis à contraventions, alors qu’aux yeux de tous l’informel agit en toute impunité ! Il faut reconnaître que pour ceux qui sont à ce jour à l’aube de la faillite, confrontés à l’abandon de leurs outils, de leurs personnels, fruits du travail d’une vie, qu’il est difficile d’admettre que les porteurs de ces logements qui pourtant peuvent être très facilement connus, sont eux, nullement inquiétés ! Pire, qu’en cas de réclamations aux autorités locales sur ces faits, il soit rétorqué que ces activités sont bénéfiques pour les collectivités territoriales, que si réclamations il doit y avoir, il n’y a qu’à s’adresser à la tutelle intéressée ! Ahh Kafka !
Cette situation se résume donc au fait que le formel touristique, seul porteur des solutions du collectif chargé de réguler les fonctions régaliennes de l’état pour ce qui est de sa part des sécurités santé, de formations, de l’éducation etc., ne répondant pas aux besoins comparatifs de l’Etat, est délaissé au détriment des aides apportées à d’autres industries plus porteuses de résultats ainsi que de résilience pour les finances de l’état,.
Abandonnée par les politiques, rejetée par les banquiers, repoussée par les élus, l’Industrie touristique délaissée depuis de nombreuses années ne joue plus pour le gouvernement son rôle dans les priorités d’un monde qui a changé ! La pandémie a en cela démontré sa faiblesse en capacité de résilience comme de durabilité !
Il n’est jamais trop tard, mais ce qui doit être admis, cet été difficile l’ayant de nouveau démontré, c’est que les professionnels doivent savoir se faire entendre auprès de qui de droit, avec la fermeté requise, dans l’urgence, avec des dossiers, des datas, des indicateurs, pour faire valoir que le changement de paradigme pour une adaptation touristique 2030 est politico/financière, touchant aussi bien l’investissement régional que national avec les formations adaptées pour les responsables politiques et élus régionaux concernés afin de permettre, de défendre, de porter les réelles capacités de cette industrie touristique vers un 50% national pour au niveau d’un PIB national à 18%, cela en prenant en compte une réelle participation agro éco touristique aux nouvelles formules de développements par un aménagement territorial touristique régional comme national, les professionnels de leur côté , à cette date, s’y étant engagés.
Patrick SIMON DURABILITÉ 28 08 2021

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