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LA PROVINCE DE TATA ! PROVINCE INTEGREE du Territoire Soutenable du Géoparc Jbel Bani ! « CONTRER LE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL A DEUX VITESSES »Plaidoyer et modèles d’affaires territoriaux pour l’arrière-pays du Souss Massa !

L’analyse de la qualité du ciblage territorial de l’investissement public au Maroc touche au cœur même des dysfonctionnements du modèle de développement régional actuel. En dépit des avancées de la Régionalisation Avancée, la persistance d’un développement à deux vitesses, flagrante entre le pôle côtier d’Agadir et l’arrière-pays oasien et saharien de la Province de Tata, illustre un désalignement profond entre les allocations budgétaires et les réalités vécues par le Territoire Soutenable du Géoparc Jbel Bani (TSGJB).

En ce sens et en le déplorant, nous osons livrer une analyse structurelle de cette situation, suivie de recommandations concrètes et « d’une feuille de route Bottom-up » qui pourraient inverser la tendance.

ANALYSE DE LA NON-MISE EN ŒUVRE DES MOYENS PAR LA REGION SOUSS-MASSA A TATA

La thèse sur la modélisation du ciblage territorial met en évidence que l’investissement public au Maroc répond souvent à une logique d’efficience d’agglomération, à savoir investir là où les rendements fiscaux et démographiques sont immédiats, cela plutôt qu’à une logique d’équité spatiale. C’est ce prisme qui pénalise la Province de Tata au sein de la région Souss-Massa pour plusieurs raisons précises telles que :

  • LE BIAIS MACROCEPHALE D’AGADIR qui sur le Plan de Développement Régional (PDR) tend à concentrer les investissements structurants sur le « Grand Agadir pour des infrastructures portuaires, zones logistiques, grands projets touristiques côtiers », considérant ainsi l’axe littoral comme le seul moteur de croissance. Tata est ainsi reléguée à une périphérie « fournisseuse de ressources possibles minières, solaires, sans retour sur investissement local ».
  • L’INADAPTATION DES CRITERES D’EVALUATION AVEC L’ILLUSION QUANTITATIVE qui, par analyses de critères standards d’allocations, définissent des fonds publics qui mesurent mal l’impact du développement dans les zones arides à faible densité démographique. Un kilomètre de route ou un réseau d’eau à Tata coûte plus cher par habitant qu’à Inezgane, ce qui pénalise la province dans les arbitrages budgétaires classiques, oubliant sa fonction géostratégique et environnementale, oubliant dans ces synthèses d’inclure les revenus garantis de la branche minière « qui réparties sur le PIB/habitant changeraient bien les résultats émis » !
  • LE DEFICIT DE GOUVERNANCE DESCENDANTE (TOP-DOWN), dont les enveloppes provinciales restent dépendantes des schémas sectoriels rigides décidés à Agadir ou Rabat. L’AMDGJB, malgré sa vision intégrée pour le Géoparc, se heurte à des guichets administratifs cloisonnés qui ne savent pas financer des projets transversaux en recherches appliquées pour l’innovation et la création pour des niches, tels l’éco-tourisme, le patrimoine, les recherches géologiques, les agricultures choisies, permettant la défense de l’environnement, la gestion de l’eau, la défense de la biodiversité, ces schémas restant hors toutes formes de subventions, allocations existantes « qui de fait changeraient du tout au tout l’avenir des populations locales, les résultats régionaux » !

Ce constat rejoint directement les orientations de Sa Majesté le Roi, qui a maintes fois dénoncé un Maroc à deux vitesses, et appelé à l’inclusion des territoires les plus vulnérables et, nos écrits faisant foi, nous rappelons pour cela un ensemble de mesures applicables afin de modifier ces tendances !

RECOMMANDATIONS ET PLANS D’ACTIONS BOTTOM-UP PAR SECTEURS CLES !

Pour sortir des incantations « il n’y a qu’à », ou « faut qu’on », et ancrer la jeunesse, les femmes et les communes de Tata dans une dynamique inclusive, il suffirait de substituer aux projets standardisés des modèles d’affaires territoriaux : EN CELA L’INNOVATION NUMERIQUE ET LES ÉNERGIES RENOUVELABLES (ENR) DOIVENT SERVIR DE LEVIERS TRANSVERSAUX !

1/*- LE SECTEUR MINIER DE LA SIMPLE EXTRACTION A LA VALEUR PARTAGEE !

La province de Tata dispose d’un sous-sol riche, mais l’extraction minière traditionnelle fonctionne en enclave faisant que la valeur ajoutée fuit le territoire !

  • ACTION « CONTRAT DE TERRITOIRE MINIER !» Rien n’interdirait d’imposer par « décret régional que chaque concession minière intègre une clause de responsabilité territoriale », cela au même titre que la clause d’aide inter régionale permet aux régions les plus productrices l’aide aux régions défavorisées. Encore faudrait-il que cela soit appliqué selon des clauses régaliennes agissantes permettant de répondre aux sollicitations exprimées par Sa Majesté ! Une quote-part des redevances pourrait à ce titre être directement fléchée vers un « FONDS DE DOTATION PROVINCIAL POUR L’INNOVATION RURALE ».
  • INCLUSIONS & EMPLOIS en créant à Tata un « CENTRE D’EXCELLENCE DES METIERS DE LA MINE VERTE ET DE LA RESTAURATION DES SITES », cela en partenariat avec les universités nationales. L’objectif étant de former les jeunes locaux à la gestion environnementale des sites, à la logistique et à l’utilisation des technologies numériques tels les drones de surveillance, capteurs IoT pour la gestion de l’eau pour les populations puis pour les mines !
  • « Introduire un correctif statistique dans les matrices du Haut-Commissariat au Plan (HCP) et de la Région, permettrait à ce que chaque tonne de minerai extraite puisse donner lieu à une indexation territoriale, permettant de recalculer l’indice de développement humain (IDH) réel de la province pour justifier des arbitrages budgétaires équitables ».

2/*- LE SECTEUR GEO-AGRO-ECO TOURISTIQUE qui, avec le transfert de l’aérodrome existant, en Aéroport de Tata, permettrait le développement et la consolidation d’un tourisme nature culture et d’un écotourisme intégré, tels les modèles « All-In Ruraux, familiaux, sportifs, numériques, golfiques » qui démontrent par des analyses mondiales, une rentabilité de 2.5 fois supérieure « aux hébergements touristiques Low Cost classiques issus d’une mode touristique des années 50/60 » !

« Le tourisme de masse a montré ses limites écologiques et économiques. Le TSGJB par des actions de terrain démontre ces offres alternatives parfaites à travers un tourisme scientifique, culturel et oasien ».

  • ACTION « RESEAU DAR INFIANE & ANNEXES- RTDRGJB » comme Hubs d’hébergements durablesqui au gré des 75 circuits numérises en IN/IN et IN/OUT actés aux départs des six (6) aéroports jouxtant le Territoire Soutenable du Géoparc Jbel Bani (TSGJB) géré par l’Association Marocaine de Développement du Géoparc Jbel Bani (AMDGJB) permettent d’accéder aux joyaux géo-agro-éco touristiques, patrimoniaux matériels et immatériels « comme vecteurs culturels vernaculaires des territoires historiques millénaires reconnus » ! Encore faudrait-il pour structurer cela, faire le ménage de ces postes occupés, mais inexistants qui, ayant à charge le développement touristique, ne font qu’écarter toutes possibilités des questionnements relatifs à ces formes de développements connectés d’offres d’accueils, et/ou de charme. Supposer croire que les instances nationales, régionales seraient sujettes à intégrer dans le Branding national l’existence de ces régions en une plateforme souveraine de commercialisation du Géoparc, « permettraient assurément de laisser les capacités de choix aux touristes, en évitant la dépendance des grandes agences et OTA(s) ». La commercialisation actuelle des outils pilotes du TSGJB démontre que, sans aucune aide nationale, régionale, provinciale, rentabilité, nos indicateurs de croissances se positionnent au-delà de ceux nationaux !
  • INCLUSION DES FEMMES ET DE LA JEUNESSE, par des aides à la création de coopératives de services touristiques, en formations de médiateurs(rices) touristiques, en guidage géologique, en animations culturelles, en restaurations patrimoniales, la fibre optique équipant ces territoires, le numérique permettrait ici de former les jeunes femmes des communes rurales au marketing digital et à la gestion de micro-entreprises touristiques sans qu’elles aient à quitter leurs milieux de vie.
  • INFRASTRUCTURES VERNACULAIRES, en valorisant l’architecture locale en terre et pierre pour les infrastructures d’accueil, prouvant la viabilité thermique et esthétique des matériaux locaux.
  • N’attendant plus l’intégration de ce projet dans le « Branding national centralisé », l’AMDGJB cherche à conceptualiser ses propres réseaux en tant que « Corridor de la Sagesse et de la Géologie » en négociant directement des partenariats avec des compagnies régionales ou de niches en tourisme scientifique/d’aventure, en utilisant notre propre IA en tant que plateforme numérique souveraine du Géoparc riche de ses données de deux décennies.

3/*-SECTEUR AGRICOLE POUR UNE AGRICULTURE RECYCLEE, MODERNISEE ET CONNECTEE

Face au stress hydrique extrême, l’agriculture de Tata ne peut plus être extensive. Elle doit devenir une agriculture de haute précision et de sauvegarde des oasis.

  • ACTION « SMART OASIS » (AGRI-TECH & ENR) avec des formations appropriées et effectives en déployant des systèmes de pompages solaires intelligents couplés à des capteurs d’humidité au niveau des racines pour diviser par trois la consommation d’eau, et avec l’utilisation du goutte-à-goutte automatisé par l’IA low-cost permettraient de maximiser les rendements de cultures à haute valeur ajoutée telles les dattes Majhoul, les plantes aromatiques et médicinales mellifères, le henné ! Par une volonté disruptive partagée d’une gestion adaptée aux lieux tenant compte des originalités offertes à la fois par les technicités du solaire, et par les gestions de cultures de plantes halophiles, des métiers du futurs pourraient être proposés à cette jeunesse rurale, qui à ce jour n’est formée en ces mondes ruraux que pour des métiers inexistants ! Des usines provinciales de méthanisation permettraient par des formations adaptées au mixte Professionnel/Formateur de gagner ces objectifs de produire méthane, ammoniaque, hydrogène, oxygène, tous nécessaires au développement de l’économie Marocaine !
  • ÉCONOMIE CIRCULAIRE AVEC LE RECYCLAGE, en valorisant 100% des sous-produits du palmier dattier, les déchets de taille, traités par des micro-unités industrielles locales gérées par des jeunes diplômés, peuvent être transformés « en composts organiques enrichis », « biochar », en « fourrage pour le bétail » ou en matériaux d’artisanat d’art (vannerie modernisée).
  • AUTONOMISATION DES FEMMES, en confiant la gestion des unités de transformations et de conditionnements des produits du terroir aux coopératives féminines, en les équipant d’unités de séchages solaires thermiquement optimisées.
  • LIER LA MELKANISATION A L’OBLIGATION DE CREER des Fermes Solaires communautaires ou des Usines Provinciales de Méthanisation, les jeunes diplômés ruraux ne doivent pas seulement être des ouvriers agricoles, mais des techniciens en transition énergétique, capables de piloter la production de méthane, d’ammoniac et d’hydrogène vert nécessaires à l’économie nationale.

4/*- FEUILLE DE ROUTE OPERATIONNELLE POUR L’AMDGJB ET SES PARTENAIRES

Pour cela il faut admettre qu’il manque à ce jour les capacités pour la Province de Tata d’avoir à présenter des projets dits « bancables et clés en main » pour sinon forcer mais susciter de la Région Souss-Massa à réallouer les budgets de manière juste ! En ce sens l’AMDGJB n’ayant malgré ses propositions partenariales jamais été consulté sauf une seule fois pour qu’il nous soit défini par la Pachalik le fait que cette demande nous avait été faite par erreur et ce malgré la réception de nos études !

Il y a là la question du pourquoi ?  A qui la faute ? Quels sont les freins ? Quels sont les empêchements ?

En quoi et pourquoi cette situation est acceptable ? inacceptable ? ignorée ?

Diagnostic Communal Participation citoyenne      
Agrégation en Projets Territoriaux Intégrés
Négociation du Contrat de Convergence Province-Région      
Exécution décentralisée avec indicateurs de performance (KPI)]
  1. POUR UN AUDIT D’IMPACT TERRITORIAL, qui se doit d’exiger de la Région que chaque grand projet validé dans le PDR fasse l’objet d’une évaluation de son impact sur l’arrière-pays. Si un projet à Agadir n’engendre pas de co-développement avec les provinces de l’intérieur telles celles de Tata, de Taroudant, de Tiznit, il se devrait d’être réajusté !
  1. POUR UN PACTE DE CONVERGENCE « TATA 2030 » en proposant un contrat de convergence spécifique entre le Pôle de compétitivité qu’est l’AMDGJB (porteur de la vision Géoparc), le Conseil Provincial de Tata, et le Conseil Régional Souss-Massa. Ce pacte aurait à sanctuariser un budget triennal pour les infrastructures de bases et les désenclavements numériques des communes rurales.
  2. POUR UNE AGENCE DE DEVELOPPEMENT DU JBEL BANI (TASK FORCE) en créant une structure mixte d’ingénierie territoriale légère et agile, co-pilotée, capable de traduire les idées en projets financiers éligibles aux fonds internationaux pour le climat (Fonds Vert pour le Climat, banques de développement), contournant ainsi les lenteurs administratives régionales. En ce sens un nouvel appel est fait à l’ANDZOA en tant qu’Agence territoriale couvrant globalement le Territoire Soutenable du Géoparc Jbel Bani dans ses limites géographiques du Bassin Hydrique du Drâa Guelmim Noun

Une nouvelle fois nous redéfinissons que le ciblage territorial ne doit plus être une simple opération comptable de répartition des richesses produites ailleurs. Pour la Province de Tata, il s’agit de financer l’activation de ses propres ressources endogènes tels, le soleil, le patrimoine géologique, la biodiversité oasienne, le capital humain, certes, mais aussi ces nouvelles Lois, telle la « Melkanisation des Terres Soulhaiyates » qui ouvre la voie aux fermes solaires et à l’investissement infrastructurel nécessaire à l’emploi local durable.

***C’est la seule voie pour que la jeunesse et les femmes de ce territoire ne soient plus les spectateurs d’un développement qui se fait sans eux, mais les acteurs d’une croissance régénérative exemplaire !

***C’est en cela prendre conscience sans œillère de ce que coûte à l’Etat l’exode rural !

LE COUT DE L’EXODE RURAL, L’ARGUMENT DE LA « PREVENTION BUDGETAIRE »

Nous définissons en cela que sur bases des coûts des migrants internes de 150.000 Dhs pour le migrant/an et entre 420.000 à 500.000 Dhs/an par famille de 4 personnes, (exode rural-urbain, selon sources institutionnelles), sans œillères, si rien n’est envisagé, pour exemple la migration à venir pour le TSGJB de 1.000.000 de migrants vers les villes pour les 10 à 15 années à venir, à raison de 500.000 individuels et autant en famille coutera au Maroc :

***CETTE SOMME FARAMINEUSE DE 285 MILLIARDS DE DIRHAMS !

SAVOIR PREVOIR,

DETERMINERAIT PAR LE BON SENS, DE SAVOIR CONSACRER EN AMONT 10 A 20% DE CES SOMMES

POUR AGIR TANT QU’IL EST TEMPS, AFIN D’EVITER D’AVOIR A REPARER !

Le calcul prospectif de 285 milliards de dirhams pour absorber 1 million de migrants internes à l’échelle du TSGJB est l’argument QUI NE PEUT PLUS ETRE IGNORE !

  • Cette analyse macroéconomique ne fait que rappeler à l’État, qu’un citoyen relégué dans les bidonvilles ou les périphéries d’Agadir, de Casablanca ou de Rabat « coûte infiniment plus cher en infrastructures de rattrapage, en sécurité et en filets sociaux que le maintien et l’épanouissement de ce même citoyen dans une oasis modernisée et connectée ».
  • Nous définissons ainsi cette Règle d’or territoriale qui rappelle de sanctuariser le principe du « Bon sens préventif » en demandant à l’État de consacrer 10% à 20% de ce coût latent, soit 28 à 56 milliards de dirhams sur 10 ans  pour financer les plans d’urgence et les infrastructures de base du TSGJB. Cela équivaut à investir aujourd’hui pour économiser les crises de demain.

5/*-. SYNTHESE DE LA FEUILLE DE ROUTE POUR LE PROJET PILOTE DE TATA

Pour que le modèle de Tata serve de matrice aux 8 autres provinces du TSGJB, l’AMDGJB doit formaliser son rôle d’Ingénieur du Territoire à travers trois structures agiles :

AMDGJB ▼  Pôle de Compétitivité & Vision
Agence de Développement du Jbel Bani -Task Force Mixte───► Capture des fonds
Agence de Développement du Jbel Bani (Comité AMDGJB) ▼  (Task Force Mixte)] internationaux (Climat / ODD)
Modèles d’Affaires Locaux───► (Mines Vertes, Hubs Écotouristiques, Smart Oasis)
  1. Institutionnaliser la TASK FORCE, l’Agence de Développement du Jbel Bani ne doit pas être une administration de plus, mais une société d’économie mixte ou une agence de développement agile. Son rôle unique consisterait à transformer les atouts du texte en « projets bancables » (ex : dossiers de financement pour le Fonds Vert pour le Climat, obligations vertes pour les oasis, dossiers de financements pour les Cosmétiques verts).
  2. Imposer l’Éco-Conditionnalité de l’Investissement Public, aucun fonds régional ne devrait être débloqué pour le pôle côtier d’Agadir si le projet n’apporte pas la preuve mathématique d’un impact de co-développement ou de compensation carbone/économique direct dans l’arrière-pays (Tata, Taroudant, Tiznit).
  3. Le Numérique comme redresseur d’équité en déployant massivement des infrastructures de télécommunication (Fibre, 5G) dans les communes rurales pour permettre aux femmes et aux jeunes de gérer les coopératives touristiques, le marketing des produits du terroir, et la maintenance de la Smart-Agri depuis leurs communes oasiennes, tuant ainsi à la racine le besoin d’exode.

L’adage dit « Quand on veut, on peut » devons-nous considérer, que les possibilités étant là ! que ce qui manque c’est bien le manque de Volonté qui caractérise ce monde à deux vitesses !

Patrick SIMON Tata  Le 22 Juin 2026